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Plan de mobilité durable - Se déplacer autrement


Le transport en commun
est au cœur de la mobilité
durable.

Photo : Érick Labbé

De 1996 à 2006, le nombre de véhicules immatriculés dans l’agglomération urbaine de Québec a augmenté de plus de 17 %, passant de 249 788 à 294 387. À Lévis, cette hausse a atteint 21 %.

Le nombre de déplacements en automobile s’est accru de 30 % à l’heure de pointe du matin, augmentant la congestion routière et la durée des temps de déplacement sur toutes les artères principales.

La population de la région de Québec continuera d’augmenter au cours des prochaines années. Si rien ne change dans nos façons de faire, la situation s’aggravera.

Une partie de la solution passe par le développement de modes de transport présentant une option compétitive à l’automobile. Le transport alternatif est au cœur de la mobilité durable. C’est en créant les conditions pour faire de la marche, du vélo et du transport en commun des moyens de déplacement efficaces et bien intégrés à nos modes de vie que la région de Québec relèvera le défi de la mobilité durable.

Le transport en commun
Le tramway
Les technologies de l’information
L’accessibilité universelle
La traverse Québec-Lévis
Les liens avec les MRC
Le taxi
La desserte de l’aéroport

Un système de transport en commun attrayant et efficace

Le transport en commun constitue un des éléments centraux du plan de mobilité durable. En transportant plus de personnes qu’une simple automobile, ce mode de transport réduit le nombre de véhicules sur les routes, diminuant de ce fait la congestion routière et la pollution atmosphérique.

Pour convaincre la population de délaisser l’automobile au profit de l’autobus et de doubler le nombre d’usagers du transport en commun d’ici 20 ans, le Plan de mobilité durable recommande de :

  • Implanter, d’ici 2030, un système de transport en commun offrant quatre composantes de service afin de mieux répondre à l’ensemble des besoins de la population.
    • Le réseau à haut niveau de service pour desservir les grands axes routiers urbains où se trouve une haute concentration d’activités. Il se caractérise par sa rapidité, sa fiabilité et sa haute fréquence (de 5 à 15 minutes).
    • Le réseau 15/30 pour desservir l’ensemble du territoire et en particulier les secteurs non desservis par le réseau à haut niveau de service. Il se caractérise par ses arrêts rapprochés et sa fréquence (de 15 à 30 minutes).
    • Le réseau de proximité pour desservir les pôles locaux d’activités, en complémentarité avec les autres réseaux. Il se caractérise par son adaptabilité aux clientèles et aux quartiers.
    • Le réseau rapide pour desservir la banlieue éloignée et les grands centres d’emplois et d’activités. Il se caractérise par sa rapidité et sa haute fréquence en période de pointe (de 10 à 20 minutes).
  • Mettre en place des mesures et des infrastructures permettant au transport en commun d’être plus efficace, notamment :
    • de nouvelles voies réservées sur certaines autoroutes et artères;
    • des mesures prioritaires de circulation (ex. : priorité aux véhicules de transport en commun à certains feux de circulation et intersections);
    • des pôles d’échanges permettant d’assurer non seulement l’interconnexion des réseaux de transport en commun, mais également le passage d’un mode de transport à un autre;
    • des aires de stationnement incitatif permettant aux automobilistes de la région d’y garer gratuitement leur véhicule et de poursuivre leur trajet vers le centre-ville en utilisant d'autres mode de transport (vélo, marche, transport en commun, etc.).

Réseau à haut niveau de service

réseau à « haut niveau de service ».
Photo : AC Transit

Le Plan de mobilité durable propose d'étendre le réseau Métrobus pour couvrir davantage d'artères de la ville. Le réseau à « haut niveau de service » (HNS) pourrait atteindre une fréquence de 5 à 10 minutes durant les heures de pointe. Outre une fréquence élevée, un réseau de ce type peut présenter des caractéristiques attrayantes comme des stations confortables, l'affichage en temps réel du prochain passage de bus, des voies réservées ou désignées, l'embarquement par toutes les portes et autres.

La vidéo suivante montre les caractéristiques d'un tel réseau (aussi appelé BRT) pour la région de San Francisco.

Les autobus du réseau « Mobilien » de Paris possèdent plusieurs de ces caractéristiques.

Les villes de Berkeley, Oakland et San Leandro dans la région de San Francisco, en Californie, prévoient également implanter un système de ce genre.

L.A.’s Orange Line.
Photo : Streetfilms.org

Réseau rapide d’autobus

Le Plan de mobilité durable propose quatre services d'autobus :

  • réseau à haut niveau de service (HNS),
  • réseau 15-30,
  • réseau de proximité,
  • réseau rapide.

Le réseau rapide se veut une extension et une amélioration des express actuels. Ailleurs, ce type de réseau est appelé BRT – pour Bus Rapid Transit. Des expériences intéressantes sont menées dans plusieurs villes, dont :

Le tramway : un incontournable


Le tramway, un puissant moteur de développement urbain

Le transport en commun à haut niveau de service sera d’abord assuré par des autobus articulés et réguliers. Mais à moyen terme, pour rester compétitif avec l’automobile, il devra être renforcé par la mise en service d’un système léger sur rail qui, dans sa partie plus urbaine, deviendra un tramway.

Le tramway est plus qu’un mode de transport. Il est également un puissant moteur de redéveloppement urbain le long des corridors où il circule, comme on a pu le constater dans de nombreuses autres villes. Il constitue également une condition préalable pour l’accueil de grandes manifestations internationales, telles que les Jeux olympiques d’hiver en 2022.

Afin de doter la région de Québec d’infrastructures urbaines modernes qui structureront son développement à venir, le Plan de mobilité durable recommande de :

  • Implanter un système léger sur rail dont le parcours de 28,6 km constituera l’épine dorsale d’un nouveau réseau de transport en commun confortable et fiable.
  • Faire du quartier Saint-Roch la plaque tournante de ce système de tramway qui reliera le centre-ville de Québec aux pôles majeurs d’activités.
    • Vers le sud, il rejoindra la colline Parlementaire, en empruntant la côte d’Abraham et la place D’Youville.
    • Vers le nord, il circulera dans le corridor de la rue Dorchester/Pointe-aux-Lièvres/avenue Lamontagne/1re Avenue et le pôle ExpoCité/place Fleur-de-Lys pour se terminer, dans une première phase, à la 41e Rue.
    • Vers l’est, il se rendra jusqu’au secteur D’Estimauville, en empruntant le corridor du boulevard Charest/rue Jean-Lesage/boulevard des Capucins/chemin de la Canardière/boulevard Sainte-Anne.
    • Vers l’ouest, il rejoindra la ville de Lévis, à la tête des ponts, en empruntant le boulevard Charest, la rue Nérée-Tremblay, en passant par le cégep de Sainte-Foy et l’Université Laval, puis le boulevard Laurier et le pont de Québec.

Consultez la carte du parcours projeté (PDF : 2,6 Mo)

Des tramways nord-américains

Memorial Park
Photo : Salaam Allah

Le Plan de mobilité durable prévoit l'implantation d'un système léger sur rail (SLR). Très différent des vieux tramways qui circulaient à Québec jusqu'en 1948, les systèmes légers sur rail offrent confort, efficacité et vitesse qui les font rivaliser avec l'automobile. On croit à tort que le tramway est conçu pour les villes européennes, plus denses que Québec.

Pas moins de 28 villes nord-américaines se sont équipées de tels systèmes de transport au cours des dernières années, notamment :

Des villes ont des projets comparables à celui de Québec, dont :

Les technologies de l’information

Les nouvelles technologies des communications permettent d’offrir de l’information en temps réel par divers moyens, tant à l’intention des gestionnaires du transport qu’à celle des gens qui se déplacent. Elles permettent aussi une gestion plus efficace de la circulation, notamment par une meilleure coordination des feux de circulation et la mise en place de passages prioritaires pour certains types de véhicules ou pour les piétons.

Afin d’améliorer les services ainsi que l’accès à l’information sur les circuits de transport, le Plan de mobilité durable invite les villes de Québec et de Lévis à :

  • Investir dans les systèmes d’information sur les déplacements et l’état de la circulation.
  • Favoriser la coordination entre les sociétés de transport, les sociétés de gestion du stationnement, le ministère des Transports du Québec, l’Office du tourisme de Québec et Tourisme Lévis afin de mettre en place des systèmes intégrés d’information.
  • Développer des systèmes de paiement des billets de transport intégrés pour les utilisateurs.
  • Instaurer un système d’information sur le nombre de places libres dans les stationnements publics.

La mobilité réduite et l’accessibilité universelle

Dans une société qui se soucie de la pleine participation sociale, professionnelle et académique de tous ses membres, il importe de mettre en place des mesures afin d’offrir aux personnes à mobilité réduite la possibilité de se déplacer librement et en toute sécurité sur l’ensemble du territoire.

À l’égard de l’accessibilité universelle, le Plan de mobilité durable recommande de :

  • Considérer les services de transport adapté comme une composante essentielle de l’offre globale en transport collectif :
    • en octroyant à ces services les ressources suffisantes pour répondre à la croissance des besoins;
    • en continuant les efforts de modernisation de ces services.
  • Accentuer les efforts de complémentarité des services de transport adapté :
    • avec les services de transport adapté des territoires limitrophes;
    • avec les autres acteurs locaux, notamment les taxis;
    • avec le transport en commun régulier.
  • Sur un horizon de 20 ans, rendre progressivement accessible le réseau de transport en commun régulier aux personnes à mobilité réduite, en profitant du renouvellement des véhicules, des travaux de réfection des infrastructures et de la mise en place de politiques opérationnelles.

La traverse Québec-Lévis


Traverse Lévis-Québec
Photo : Ville de Québec

La traverse Québec-Lévis relie les deux centres-villes de la région : il permet aux automobilistes d’épargner une trentaine de kilomètres par rapport au trajet par les ponts de Québec.

En 2008-2009, la traverse Québec-Lévis a transporté plus de 415 000 véhicules et 2,2 millions de passagers. Le nombre de cyclistes qui empruntent cette voie fluviale augmente également; il a atteint 188 452 en 2008-2009.

Dans le respect des principes du développement durable, le Plan de mobilité durable recommande de :

  • Augmenter la capacité du parc de stationnement incitatif au quai de la traverse de Lévis.
  • Accroître de façon notable la capacité de transport des passagers sur les bateaux actuellement en service.
  • Harmoniser les parcours d’autobus, à Québec et à Lévis, avec les horaires des traversiers.
  • Accorder la priorité au transport des piétons, des cyclistes et des usagers du transport en commun.
  • À moyen terme, mettre en service, huit mois par année, un troisième bateau pour le transport rapide des passagers aux heures de pointe.
  • Aménager un quai supplémentaire à Québec et à Lévis de manière à pouvoir accueillir des navires de plus forte capacité lors du renouvellement des bateaux actuels.

Les liens avec les MRC limitrophes

Six municipalités régionales de comté (MRC) situées à la périphérie de Québec et de Lévis ont mis en place des services de dessertes ponctuelles entre leur principal pôle d’activités et les deux villes centres. Il existe actuellement 11 parcours réguliers de transport en commun et 28 stationnements incitatifs sur le territoire de ces MRC.

Afin de poursuivre le développement d’un service de transport en commun à la grandeur du territoire de la grande région de Québec, le Plan de mobilité durable recommande de :

  • Harmoniser les horaires et les circuits des divers réseaux de transport en commun.
  • Procéder à une intégration tarifaire la plus complète possible et, le cas échéant, partager les coûts entre les instances municipales, afin de permettre aux passagers de se déplacer sans contrainte dans les différents réseaux.
  • Partager les infrastructures de transport, notamment les terminus, les pôles d’échanges, les voies réservées et les stationnements incitatifs.
  • Mettre en commun l’information s’adressant aux usagers du transport en commun.

Le taxi

Le taxi fait partie de la solution de la mobilité durable. D’ailleurs, le RTC fait déjà appel au taxi pour une partie du service de transport adapté. Sur le territoire de l’agglomération de Québec, on compte 629 permis réguliers de taxi, qui ont été délivrés sur la base des anciennes municipalités.

Afin que l’industrie du taxi soit pleinement partenaire du développement durable, le Plan de mobilité durable recommande de :

  • Revoir la répartition des permis de taxi sur la base du nouveau territoire des villes, à la suite des fusions municipales.
  • Accentuer le partenariat entre le RTC et les taxis, notamment pour les services du futur réseau de proximité.
  • Associer les sociétés de taxi à la présentation d’une image distinctive pour Québec.
  • Convenir de certains modèles de véhicules consommant moins de combustibles fossiles qui seraient les seules voitures taxis autorisées sur le territoire de Québec, au terme du renouvellement des véhicules actuels.

La desserte de l’aéroport


Aéroport international Jean-Lesage
Photo : Ville de Québec

L’aéroport international de Québec est en plein développement. Il accueille un million de voyageurs par année, à raison de 350 vols par semaine. D’ici 20 ans, c’est quelque 3 millions de voyageurs qui transiteront par cet aéroport. Environ 2 200 personnes y travaillent. Ce nombre augmentera au rythme du développement.

Or, aucun système de transport en commun ne dessert actuellement l’aéroport international de Québec. Seuls les taxis y offrent leur service.

Pour corriger cette importante lacune et offrir dès que possible un service de transport intégré à l’aéroport de Québec, tant pour les voyageurs que pour les employés, le Plan de mobilité durable recommande de :

  • Développer une desserte par des taxis associés à une marque et à une couleur propre à Québec.
  • Mettre en place un service de transport en commun, avec des fréquences relativement élevées, particulièrement aux heures de pointe.
  • Aménager un service de navettes pour les arrondissements de la ville où sont concentrés des hôtels.
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