Sylvie et Denis Bussière répètent depuis 16 ans, cette grande aventure humaine
qu’est l’hébergement de jeunes hockeyeurs étrangers durant le Tournoi international de hockey Pee-Wee.
Au mois de février, pendant 10 jours, deux Suisses de 12 ans découvrent Québec et le « beurre de peanuts ».

« Avec les Suisses, ça a cliqué tout de suite », clame d’emblée Sylvie, chez qui les souvenirs
du pays d’Heidi abondent dans le décor. Chaque famille d’accueil peut choisir la provenance des
joueurs (États-Unis, France, Russie, Canada anglais…). Chez les Bussière, c’est la Suisse et rien d’autre.
Un minimum de deux enfants doit être hébergé par une famille d’accueil. Nul besoin d’être un mordu du hockey :
« L’esprit de ces échanges, c’est d’abord l’ouverture aux autres cultures. »
Briser la glace
« La première expérience d’hébergement, avoue-t-elle, c’est la panique. » Gros défi logistique. Car en marge du tournoi, il faut gérer le quotidien de la famille
Bussière qui comptait trois enfants en 1997. Il faut aussi s’occuper des parents des hockeyeurs, même s’ils logent
à l’hôtel : visite de la ville et souper à la maison – au moins une fois pour faire connaissance et les rassurer.
« Forcément, posséder deux voitures, ça aide », ajoute Sylvie qui, tout comme Denis, se libère pour la durée du tournoi.
Mais au fil des ans, on apprend à respirer. Le métier rentre. Et c’est le bonheur.

Sylvie et Denis ont conservé les chandails autographiés de leurs jeunes. Certains sont devenus des hockeyeurs professionnels très respectés en Suisse.
Petite maison, grand cœur
La maison des Bussière n’est pas grande, mais leur cœur est immense. Parents comme enfants s’investissent pleinement,
en vrais bénévoles qu’ils sont. « Au début, Jean-Philippe, le petit dernier, vidait
avec plaisir sa chambre au grand complet pour héberger les gamins. »
Puis, rapidement, les liens se tissent, comme seuls les enfants savent le faire.
Une nouvelle vie de famille prend forme. « Le soir, à peine arrivés, les jeunes enlèvent
leurs bottes et se précipitent dans le sous-sol où ils jouent des heures ensemble au hockey. »
Symbiose
« Quand on gagne, on devient gaga. » Oui… Sylvie a bien dit « on ». Parce qu’héberger, c’est accueillir,
partager… et aimer. « Ces enfants deviennent les nôtres pendant le tournoi. » Les défaites sont vécues
dans la douleur; les victoires dans l’euphorie.
« On embarque avec eux à 100 % ». Jusque dans leurs superstitions! « Un matin, nos jeunes avaient mangé du beurre
d’arachide et du yogourt à la vanille. Ils avaient gagné leur premier match. Si bien que les matins suivants,
il fallait leur servir le même repas. Et dans le même ordre : Arnaud en premier, puis Jeremy… »

Lors des matchs, le couple Bussière agite ce drapeau dans les gradins pour appuyer son équipe favorite.
Donner, c’est recevoir
Cette maxime prend tout son sens dans l’aventure Pee-Wee. Alors que quelques enfants ont élu
Sylvie « leur maman du Québec », quelques-uns, une fois adultes, hébergent à leur tour le couple
Bussière en Suisse. Parfois quelques jours. Puis, certains reviennent pour voir le Québec en été.
Ils déposent leurs valises chez Sylvie et Denis, « de retour à la maison ».
En 2008, le couple a même eu droit à une « soirée retrouvailles » en Suisse, où tous les
enfants qu’ils avaient reçus depuis 10 ans étaient présents pour leur rendre hommage… « Émouvant au possible. »
« Notre grande fierté, c’est d’être des ambassadeurs de Québec, de leur faire découvrir notre culture. »
Mais au-delà de cette « mission », l’expérience est d’abord profondément humaine.
« Le moment du départ, c’est vraiment intense. C’est le déluge… » Pour le couple Bussière,
l’expérience ne se décrit pas; elle se vit.