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Québec, nouvelle terre française (1608-1755)

Champlain fonde Québec


Champlain traçant le plan de Québec.
Gravure : « Souvenir du IIIe centenaire, 1608-1908 », Archives de la Ville de Québec

3 juillet 1608, Samuel de Champlain remonte le fleuve Saint-Laurent en compagnie de 26 engagés – bûcherons, charpentiers et laboureurs. Mandaté par Pierre Dugua de Mons, qui détient un monopole de commerce des fourrures, Champlain vient pour établir un comptoir de traite. Lorsqu’il arrive, point de trace de Stadaconé. Sa population iroquoienne a déserté la vallée du Saint-Laurent pour des raisons que l’on ignore encore. Seuls des peuples nomades algonquiens fréquentent les lieux pour pêcher l’anguille et faire du troc.

Champlain s’installe sur la pointe de Québec, aujourd’hui place Royale, un havre naturel. Le site est idéal. Du haut du cap aux Diamants, il est facile d’observer les allées et venues sur le fleuve Saint-Laurent.

Rapidement, Champlain fait construire son Abitation de bois sur l’emplacement de l’actuelle église Notre-Dame-des-Victoires. Le bâtiment sert à la fois de résidence, de fort et de magasin. Il devient aussi très vite un lieu de rencontre où diverses nations amérindiennes viennent échanger des fourrures contre des produits européens.

Fabuleuse Ludovica

Dans un mémoire de 1618, Champlain décrit un projet, celui d’établir une grande ville sur les bords de la rivière Saint-Charles (là où se trouvent aujourd’hui les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur) et de la baptiser Ludovica en l’honneur du roi Louis XIII. Ce projet ne verra toutefois jamais le jour : la mort de Champlain met fin à ce rêve de ville grandiose.

Naissance de la haute-ville


L’Abitation de Champlain, en bois, fut construite en quelques jours.
Gravure : The first House erected in Quebec, 1880, Archives de la Ville de Québec.

Champlain pense également à la défense de la ville. En 1620, il fait construire sur le cap le fort Saint-Louis, près de l’actuel Château Frontenac. C’est le début de la haute-ville. L’endroit est stratégique: le fort surplombe le fleuve et domine l’Abitation tout en bas. Quelques bâtiments de bois entourés d’une palissade forment le fort. Un sentier communique entre l’Abitation de la basse-ville et le fort Saint-Louis : ce chemin correspond en partie à l’actuelle côte de la Montagne.

La vie de château

Quatre forts et deux châteaux Saint-Louis se sont succédé entre 1620 et 1834. Sièges du pouvoir exécutif de la colonie pendant plus de 200 ans, ils ont également servi de résidence officielle à tous les gouverneurs du Régime français, et à plusieurs du Régime anglais. Bals, réceptions et autres activités s’y tenaient. On dit même que le gouverneur Frontenac, pour impressionner ses invités amérindiens, leur faisait servir des glaces de toutes les couleurs préparées par son confiseur.

Dans la mire des Anglais


Champlain, sachant la colonie trop faible pour combattre, négocie les termes de la capitulation de la ville, le 14 septembre 1629.
Gravure : Our first footing in Canada : Champlain surrendering Quebec to Admiral Kirke, July 20, 1629, The Illustrated London News, 21 février 1903, Archives de la Ville de Québec.

Avant la guerre de la Conquête, Québec est la cible d’attaques des Anglais à deux reprises. La première fois, en 1629, les frères Kirke en prennent possession au nom de l’Angleterre. Champlain et une grande partie de la population quittent les lieux, laissant quelques colons derrière eux. Québec est rendue à la France en 1632.

La deuxième attaque survient le 16 octobre 1690. William Phips arrive à Québec avec une flotte d’une trentaine de navires et plus de 2 000 hommes. C’est alors que le gouverneur Louis de Buade, comte de Frontenac, répond par sa célèbre tirade au messager de Phips venu le sommer de rendre la ville: «Je nay point de reponse a faire a vostre general que par la bouche de mes canons et a coups de fuzil...» Les troupes de Phips sont repoussées, sa flotte repart pour la Nouvelle-Angleterre.

Québec évite un troisième assaut grâce à dame Nature. Juillet 1711, l’amiral anglais Hovenden Walker fait voile vers Québec avec une flotte de 70 navires et 12 000 hommes pour s’emparer de la capitale. Par une nuit de tempête, huit de ses navires se brisent sur les récifs de l’île aux Œufs (en Côte-Nord). Près de 750 hommes périssent. Ébranlé, Walker rebrousse chemin.

Toute une mise en scène!

Une chaloupe arborant un drapeau blanc quitte le navire de l’amiral Phips. À son bord, l’émissaire de Phips. Dès qu’il débarque en ville, on lui bande les yeux de façon à cacher la faiblesse défensive de la ville. Sur le chemin pour aller rencontrer Frontenac, l’émissaire est harcelé à plusieurs reprises par un même petit groupe de personnes, et il croit avoir affaire à une population nombreuse et confiante.

En guise de reconnaissance


L’église Notre-Dame-des-Victoires à la fin des années 1990.
Photo : Place Royale la nuit. L'église Notre-Dame-des-Victoire. Québec. Canada, après 1989, Archives de la Ville de Québec.

On construit l’église Notre-Dame-des-Victoires de place Royale en 1688. D’abord appelée église de l’Enfant-Jésus, elle devient Notre-Dame-de-la-Victoire à la suite de la victoire contre Phips. Après l’invasion ratée de 1711, on la rebaptise Notre-Dame-des-Victoires.

Québec se fortifie

Entre 1620 et 1665, Québec se dote d’ouvrages militaires souvent rudimentaires. En 1690, une enceinte de 11 redoutes (ou tours) reliées par des palissades est érigée à la hâte. C’est la première d’une série d’enceintes construites pour fermer la ville. On devra attendre 1745 – alors que Québec est prise de panique en raison de la capitulation de Louisbourg (capitale de la colonie de l’île Royale, l’actuelle île du Cap-Breton) aux mains des Anglais – pour qu’une nouvelle enceinte ferme définitivement la ville. Suivant les plans de l’ingénieur Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, ces fortifications intègrent des composantes d’enceintes antérieures.

La naissance d’une capitale

Depuis sa fondation, Québec est dirigée par un gouverneur. À sa charge: le commandement militaire, la direction civile et l’exécution des arrêts royaux. Le seul pouvoir qui lui échappe est celui de la gestion financière, assurée par des compagnies de commerce davantage préoccupées par la traite des fourrures que par leurs obligations de peupler la colonie. Fait intéressant, le gouverneur était parfois actionnaire de ces compagnies.

Mais les choses changent en 1663: le roi de France, Louis XIV, prend directement charge de la colonie et implante une véritable administration coloniale. Désormais figurent au rang des dirigeants de Québec, en plus du gouverneur, un intendant et un conseil souverain. La ville devient officiellement la capitale de la Nouvelle-France.

« L’œil et la main du roi »

C’est ainsi que Louis XIV décrit le rôle de l’intendant. Le premier titulaire du poste est Jean Talon. Durant ses mandats (1665-1668 et 1670-1672), Talon s’emploie à l’accroissement de la population et au développement économique. On lui doit le chantier de construction navale de la rivière Saint-Charles et la première brasserie de la Nouvelle-France, construite à la basse-ville dans le secteur actuel de l’îlot des Palais.

L’empreinte du clergé


Trois augustines débarquent à Québec le 1er août 1639 pour fonder l'Hôtel-Dieu.
Photo : Arrivée des Hospitalières à Québec, 1922, Musée des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec.

Le clergé s’implique très tôt dans le développement de Québec. La venue des Récollets en 1615 marque le début d’une vaste entreprise de conversion. Dix ans plus tard arrivent les Jésuites, qui fondent le Collège des Jésuites en 1635. En 1639, trois ursulines, dont Marie de l’Incarnation, viennent implanter un monastère et une école pour filles. La même année, trois hospitalières fondent l’Hôtel-Dieu de Québec. Avec 1692, sous l’impulsion de Mgr de Saint-Vallier, l’Hôpital général voit le jour.

François de Laval arrive à Québec en 1659, à titre de vicaire apostolique. Il fonde en 1663 le Séminaire de Québec, destiné à recruter et à former le clergé, puis le Petit Séminaire en 1668. L’homme devient le premier évêque du diocèse de Québec à sa création en 1674. L’église Notre-Dame-de-la-Paix (aujourd’hui Notre-Dame-de-Québec) devient alors cathédrale.

Au fil des ans, Québec évolue. Elle est lieu de pouvoir politique, centre administratif, religieux et commercial. À la fin du Régime français, ses 8 000 habitants se répartissent dans les faubourgs Saint-Roch et Saint-Jean et dans des seigneuries allant de Beauport à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Au rythme des marchands

La grande ville portuaire de la Nouvelle-France, c’est Québec. Son port fait partie d’un réseau d’échanges commerciaux entre la France, les Antilles, l’Acadie et Terre-Neuve. Les navires exportent fourrures et bois. Ils importent des produits européens et antillais. Cette activité maritime imprègne place Royale.

Déjà une femme d’affaires!

Marie-Anne Barbel, épouse du marchand bourgeois Jean-Louis Fornel, gère le magasin de son mari, davantage attiré par le commerce des fourrures. Au décès de son époux, elle continue de tenir l’entreprise. Son capital immobilier est impressionnant : sept maisons dans la basse-ville, une maison en haute-ville, un terrain sur le bord de la grève, une seigneurie et cinq terres à proximité de Québec. La guerre de la Conquête lui fera perdre des sommes considérables, et les bombardements endommageront ses propriétés. Elle mourra en 1793, à l’âge de 90 ans.

Un promoteur avant la lettre!

Henry Hiché (1672-1758), marchand et haut fonctionnaire, vend tellement de parcelles de terrains dans Saint-Roch qu’une partie du secteur porte à l’époque son nom: le faubourg Hiché.

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