Québec, l'accent d'Amérique
Menu Profil Recherche

Accueil > Touristes > Histoire > Sous le signe de la modernité (1945-2008)

|
Imprimer
|
Modifier la taille du texte Modifier la taille du texte

Sous le signe de la modernité (1945-2008)


Photo : Construction dans le secteur Saint-Jean-Baptiste (détail), 5 juillet 1970, Archives de la Ville de Québec.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Québec s’apprête à vivre de grandes transformations. Plusieurs d’entre elles contribueront à façonner le paysage urbain actuel de Québec.

Une cité parlementaire

Les édifices de la colline Parlementaire, dont les derniers érigés remontent au début des années 1930, s’avèrent insuffisants. La construction d’une véritable cité parlementaire regroupant dans le même secteur la majorité des ministères débute à la fin des années 1960.

Des noms à la place des lettres

En 1980, un décret rebaptise les édifices désignés depuis la fin des années 1930 par les lettres A, B, C et E. Ceux-ci deviennent les «hôtel du Parlement», «édifice Pamphile-LeMay», «édifice Honoré-Mercier» et «édifice André-Laurendeau». Renommé «Marie-Guyart» en 1989, le complexe G reste cependant encore, pour plusieurs, le «G».

Fière de son passé

Au début des années 1960, des édifices abandonnés et délabrés entachent la vieille ville. La création de l’arrondissement historique du Vieux-Québec en 1963 puis l’adoption d’une loi visant à promouvoir la restauration de la place Royale en 1967 sont autant d’initiatives qui vont redonner vie à ce secteur à l’aspect négligé. Ces efforts mènent à l’inscription de l’arrondissement historique sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l’Unesco, en 1985.


Superfrancofête, du 13 au 24 août 1974. Lors de la soirée d’ouverture, Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois sont réunis sur scène dans le cadre du spectacle J'ai vu le loup, le renard, le lion. Devant plus de 100 000 personnes, ils lancent un message d'amitié et de paix : «Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère... »
Photo : Superfrancofête, août 1974, Archives de la Ville de Québec.

Québec francophone

Le rôle de Québec comme chef de file au sein de la francophonie nord-américaine s’est affirmé tôt, notamment avec la Grande Convention nationale des francophones d’Amérique en 1880 et le premier Congrès de la langue française en 1912. Le temps a confirmé ce rôle de capitale de la francophonie. Pensons à la Superfrancofête (1974), aux Sommets de la Francophonie (1987 et 2008) et à la création du Centre de la francophonie des Amériques, cadeau de la France pour le 400e anniversaire de Québec.

L’attrait de la banlieue

Après la Seconde Guerre mondiale, des familles quittent le centre-ville, attirées par les espaces verts et une meilleure qualité de vie. La population de plusieurs secteurs augmente de façon spectaculaire. Entre 1941 et 1961, Giffard, Beauport, Charlesbourg et Sainte-Foy passent de 11 000 à 63 000 résidents. À l’inverse, la population de Saint-Roch chute de 13 450 à 6 815 personnes.

Adieu tramways!

De 1940 à 1954, le nombre d’automobiles passe de 15 500 à plus de 60 200. Cette situation, combinée à l’utilisation plus fréquente de l’autobus, entraîne progressivement la disparition des tramways, ou «p’tits chars» électriques. Le 26 mai 1948, ils circulent pour la dernière fois dans les rues de Québec. Le lendemain, 140 autobus prennent la relève.


L’actuelle autoroute Dufferin-Montmorency sans ses bretelles.
Photo : Autoroute Dufferin-Montmorency, Paul Dionne.

La mal-aimée : l’autoroute Dufferin-Montmorency

La construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency à partir de 1969 a fait couler beaucoup d’encre en posant divers problèmes : obstruction de l’accès au fleuve, division du quartier Saint-Roch, destruction des battures de Beauport. Mis en veilleuse en 1976, le projet inachevé de construction d’un tunnel routier entre le boulevard Champlain et la colline Parlementaire laissera les bretelles de cette autoroute se heurter au roc de la falaise jusqu’à leur démolition à l’été 2007.

L’ère des autoroutes

Ces nouvelles habitudes entraînent l’expansion du réseau routier. Le boulevard Laurier est construit de 1945 à 1947. Mais c’est entre les années 1960 et 1976 que sont érigées les principales voies d’accès : autoroutes Laurentienne, Dufferin-Montmorency, de la Capitale (aujourd’hui Félix-Leclerc) et Duplessis, ainsi que boulevards Saint-Cyrille (aujourd’hui René-Lévesque), Champlain, Henri-IV et du Vallon (aujourd’hui Robert-Bourassa). Le pont Pierre-Laporte, inauguré en 1970, est le premier pont suspendu au Canada soutenu par des câbles à fils parallèles.

Un campus à l’américaine


Vue aérienne de l’Université Laval.
Photo : Vue aérienne de l'Université Laval, Université Laval.

L’Université Laval, à l’étroit dans ses locaux du Vieux-Québec, s’établit à compter des années 1950 aux limites de Sainte-Foy et de Sillery. Axes croisés à angles droits encadrant des surfaces gazonnées, édifices disposés selon une certaine hiérarchie : l’aménagement proposé s’inspire des campus américains. L’École d’arpentage et de génie forestier est la première à s’y installer, en 1950. Les autres facultés et écoles la suivront jusqu’en 1966.

Le règne des centres d’achats

Les premiers centres commerciaux à faire leur apparition sont Place Ste-Foy, en 1957, et les Galeries de la Canardière, en 1958. Place Laurier, alors le plus grand centre commercial au Canada, ouvre en 1961, suivi de Place Fleur-de-Lys, en 1963, et des Galeries de la Capitale, en 1981. Ces ouvertures entraînent la désertion des commerces du centre-ville. Plusieurs magasins qui ont fait les beaux jours de la capitale doivent fermer : la Compagnie Paquet et le Syndicat de Québec font partie de ceux-là.

Une commémoration houleuse


Photo : Visite d'Élisabeth II à Québec, 23 juin 1959, Archives de la Ville de Québec.

En 1864, Québec avait été l’hôte d’une conférence où eurent lieu les débats qui menèrent à la création de la Confédération canadienne, en 1867. Cent ans plus tard, la commémoration de ladite conférence marque l’histoire de Québec. En effet, le 10 octobre 1964, Québec accueille la reine Élisabeth II. Cette visite, qui survient en pleine effervescence nationaliste, est mal vue. Pour empêcher toute manifestation hostile, les policiers répriment de façon brutale les opposants à la venue de la souveraine: c’est «le samedi de la matraque». La reine reviendra à Québec en 1987 sans que sa visite ne suscite autant de tumulte.

Chez Gérard

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Gérard Thibault donne un nouveau souffle à son restaurant situé au coin des rues Saint-Nicolas et Saint-Paul en offrant des repas chantants. C’est la naissance du cabaret Chez Gérard, où de nombreux artistes français célèbres se produiront, dont Charles Aznavour, Georges Brassens, Édith Piaf et Charles Trenet (sur la photo). Endommagé par un incendie en 1978, le lieu est restauré puis classé monument historique dans les années 1980.

La saga du Grand Théâtre

À sa façon, la commémoration de la Confédération canadienne fut tout sauf banale. Tout commence en février 1963. Jean Lesage, premier ministre du Québec, suggère à son homologue fédéral de participer à la création à Québec d’un «monument » qui commémorerait le centenaire de la Confédération en 1967. Dès lors prend forme le projet du Grand Théâtre, qui abritera une salle d’opéra et de concert, une salle de théâtre et le Conservatoire de musique de Québec. Mais où construire? Les suggestions pleuvent. Parmi elles, mentionnons les parcs Cartier-Brébeuf, Victoria, Montmorency et les plaines d’Abraham. Ces propositions sont rejetées : on retient l’emplacement actuel, privilégié dès le départ par Lesage, qui y voyait un complément intéressant à la colline Parlementaire.

La construction ne se fera pas sans embûches. Entre la levée de la première pelletée de terre et l’inauguration, quatre ans s’écoulent, ponctués d’un arrêt des travaux en raison d’un changement de gouvernement, de délais dans l’octroi des contrats et d’une grève. Et que dire du tollé que suscita la murale de Jordi Bonet portant les mots «Vous êtes pas écœurés de mourir, bande de caves? C’est assez!» de Claude Péloquin? L’inauguration se fera en 1971… quatre ans après les célébrations du 100e anniversaire de la Confédération!

Un passé bien… présent


Les funérailles officielles de la mairesse de Québec Andrée P. Boucher eurent lieu à la basilique Notre-Dame-de-Québec et furent retransmises sur écrans géants.
Photo : Funérailles de la mairesse Andrée P. Boucher, 1er septembre 2007, Ville de Québec.

Du côté de l’hôtel de ville

Depuis 1833, 37 maires se sont succédé à l’hôtel de ville, parmi lesquels des jeunes – 31 ans (Hector-Louis Langevin, 1857-1860) – et des moins jeunes – 69 ans (Robert Chambers, 1878-1880). Certains n’ont fait que passer – 47 jours (Georges Tanguay, 1906) –, alors que d’autres sont restés plus longtemps – le record est de 16 ans (Jean-Paul L’Allier, 1989-2005). L’un (Simon-Napoléon Parent) a même cumulé les fonctions de maire (1894-1906) et de premier ministre du Québec (1900-1906). Une seule femme a occupé ce poste (Andrée P. Boucher, 2005-2007).

« Accro » du pouvoir

La palme du rocambolesque revient au maire Adolphe Guillet dit Tourangeau qui, en 1870, se barricade à l’intérieur de l’hôtel de ville avec ses conseillers à la suite de sa défaite. Le nouveau maire élu, Pierre Garneau, fait surveiller les lieux jour et nuit pour briser le siège. Affamés, les occupants sortiront après trois jours de réclusion.

Une ville dans la ville

Saviez-vous qu’il existe en plein cœur de la basse-ville de Québec une municipalité de paroisse? Il s’agit de Notre-Dame-des-Anges. Constituée en 1855, cette municipalité sous la gouverne des Augustines – dont certaines portent le titre de mairesse et de conseillères – englobe l’Hôpital général de Québec et les édifices associés à l’institution: monastère, église et musée.

Annexions, fusion et défusion

En 400 ans, les limites du territoire de la ville de Québec ont subi des modifications. Pensons notamment aux annexions qu’elle a connues de la fin du 19e siècle jusqu’au 20e siècle. La fusion de 12 municipalités de banlieue avec Québec, le 1er janvier 2002, a elle aussi modifié le découpage urbain. Quatre ans plus tard, les limites de Québec changeaient à nouveau à la suite de la défusion de Saint-Augustin-de-Desmaures et de L’Ancienne-Lorette.

Place à la fête!


Photo : Monument de Champlain, Ville de Québec.

Que d’occasions de célébrer son anniversaire a eues Québec en 400 ans ! En 1898, pour son 290e, elle s’offre le monument Champlain près du Château Frontenac. La commémoration du tricentenaire en 1908 donne lieu à des fêtes grandioses. Si les 350e et 375e sont de facture plus modeste, pour le 400e, les ambitions sont grandes : faire de cet anniversaire une «année exceptionnelle de commémoration».

À l’occasion du 400e anniversaire de la ville, le monument de Champlain a fait l’objet d’une restauration minutieuse. Lors des travaux, une caissette commémorative contenant des documents et des objets datant de 1898 a été trouvée. Elle avait été placée dans le socle au moment de l’inauguration du monument. Une nouvelle caissette a été placée le 23 septembre 2008.

Le legs du tricentenaire

Du 19 au 31 juillet, la population est conviée à des concerts, spectacles, parades, feux d’artifice, illuminations de la ville et autres manifestations. Des invités de marque et de nombreux touristes participent aux activités. Cet anniversaire coïncide avec la création du parc commémoratif des plaines d’Abraham. Véritable joyau, ce lieu fut à nouveau au cœur des célébrations lors du 400e de Québec.

© Ville de Québec, 2017. Tous droits réservés.