Biographie
Louis-Philippe Lefebvre (1896 -1973) est le fils de Joseph Lefebvre et de Angélina Cloutier.
Il est né à Charlesbourg dans la région de Québec, le 9 juillet 1896, deuxième d’une lignée de seize enfants dont 10 survivent jusqu’à l’âge adulte. Il doit quitter l’école assez tôt pour travailler et contribuer ainsi au soutien de la famille.
En 1922, il épouse Adrienne Dorion, fille de Pierre-Charles Napoléon Dorion et de Octavie Darveau. Le couple a 10 enfants (neuf survivent : deux filles et sept garçons).
C’est à l’école primaire St-Charles Borromée des Frères Maristes qu’il est initié aux études, jusqu’à la septième année du primaire. Il poursuit son instruction à l’École Technique de Québec avant d’entrer sur le marché du travail en 1912.
Dès l’âge de 14 ans, il est accepté comme stagiaire auprès de l’architecte J.S. Bergeron (plus tard Bergeron & Lemay) au 145, de la rue St-Jean à Québec.
Cette occupation à plein temps ne l’empêchera pas d’entreprendre des études supérieures en architecture par correspondance, à la Landon School, Cleveland, Ohio (États-Unis), d’où il obtient son diplôme en 1918.
En 1941, L.-P. Lefebvre obtient l’accréditation de première étape et en 1949, il est reconnu officiellement comme architecte diplômé par l’Association des Architectes de la Province de Québec (devenu l’Ordre des Architectes en 1973).
Vers la fin des années 1950, il aménage son propre bureau dans sa résidence du 7838, Trait-Carré Est, à Charlesbourg. Bien qu’il conçoive les plans de nombreuses résidences privées, d'églises, ou même d’ensembles domiciliaires, les édifices publics (surtout des écoles) sont sa prédilection. Il y inscrit d’ailleurs sa signature sous la forme d’une Rose-des-vents dans le portique des bâtiments; ces œuvres d’art sont faites de terrazo multicolore.
Débordant le cadre professionnel, sa créativité artistique demeure toujours présente jusqu’à la fin de ses jours: sculptures miniatures sur bois, fabrication artisanale de jouets, sans oublier la reproduction de statuettes du Sacré-Cœur à l’effigie de l’original toujours en place dans le petit parc au Nord de l’église St-Charles Borromée à Charlesbourg.
Dans cette même église, il peint également à maintes reprises des toiles de fond illustrant la Judée et servant à orner la Crèche de Noël.
Son besoin de créer ne s’est jamais éteint. Tout ou long de sa vie, il s’amuse à caricaturer des notables, dessiner des têtes ou autres parties anatomiques, à peindre de petits tableaux, illustrations, paysages, caricatures et ce, sur des bouts de papiers, des endos d’enveloppes, des coins de journaux, tel qu’en font foi ses archives.
Choriste, soliste, comédien; au fil des ans il exploite aussi sa voix comme autre aspect d’expression de sa personnalité artistique. On l’entend même chanter comme soliste accompagné de ses sept fils en quelques occasions.
Dans un autre registre, sa voix se fait entendre pendant nombre d’années dans la communauté : échevin municipal quelques années (probablement vers la fin des années 1940), il agit en tant que maire suppléant lors d’une absence prolongée du maire en poste. Son implication sociale se manifeste aussi au poste de commissaire à la Commission Scolaire de son patelin qui de village, est devenu la Ville de Charlesbourg.
L’artiste est aussi doublé d’un homme d’affaires. Puisqu’à l’époque les entreprises de fer forgé et de fer ornemental sont peu présentes et pour répondre aux besoins des nombreux édifices dont il a conçu les plans architecturaux, Louis-Philippe Lefebvre acquiert en 1927 ou 1928 la compagnie d’un fournisseur (probablement M. Georges Bédard, forgeron-mécanicien de Charlesbourg qui avait fondé sa compagnie en 1914). La nouvelle compagnie porte le nom de Cie de Fer Forgé Laurentides. Certains des ouvrages de cette compagnie sont installés jusqu’au Nouveau-Brunswick.
Sa mémoire est rappelée par une plaque commémorative remise à ses descendants par la Ville de Québec en 2006. Ladite plaque est aujourd’hui apposée sur le mur extérieur de la résidence familiale au 7838, du Trait-Carré Est à Charlesbourg, maintenant propriété de sa fille Thérèse.
SOURCE : biographie écrite par Paul-A. Lefebvre, fils de Louis-Philippe Lefebvre, 2008